Le bonheur au travail, feu de paille ou amorce d’un réel changement ?

Carole Laubry

3beeac3e-6fa5-4d47-9c75-01660fe25387-largeNous étions nombreux devant notre écran la semaine dernière à voir « The film » « Le Bonheur au Travail » de Martin Meissonnier, celui que nous avons tous relayés sur les réseaux sociaux à grandes pompes.

Impossible d’y échapper tant le tintamarre provoqué par la diffusion de ce film fut grand.

 

On se délecte de ces entreprises où les salariés se sentent tellement concernés, on sourit de cette confrontation entre le patron de la sécurité sociale belge et ce syndicaliste, on se nourrit de ces explications académiques managériales fruit d’années de recherche et d’interviews auprès des chefs d’entreprises libérateurs.

Véritable prise de conscience ou simple engouement du moment ?

On veut y croire, on nous parle de grandes enseignes qui « s’y mettent », de ceux qui affichent « en cours », on fait des cartes de France des entreprises libérées, tous ces indicateurs nous donnent du baume au cœur. Les signaux sont au vert.

 

Ce que ne montre pas ce grand reportage, c’est tout le travail d’accompagnement dont les entreprises concernées ont fait l’objet, que ce soit au niveau du patron lui-même ou encore des équipes de production. Ils n’y sont pas arrivés par magie, et si le chemin a pu être long voire même décourageant, il ne faut pas en sous-estimer la difficulté, la complexité tant il peut être semé d’embuches, avoir son lot de détracteurs ou de réfractaires.

 

Mais le bout du tunnel semble être là, possible, accessible, les salariés sont engagés, la performance sociale et économique au rendez-vous.

Quels seront les patrons qui refuseront de s’engager dans cette voie ?,

Faut-il que tout aille mal pour s’obliger à faire autrement ?

 

Donnons-nous rendez-vous dans un an pour regarder si cet engouement est un feu de paille ou l’amorce d’un réel changement dans le modèle managérial, culturel et organisationnel de nos entreprises.